Nous appartenons à ces ruisseaux prodigues qui poussent leurs eaux dans des terres de plus en plus accablées. Elles bouillonnent et rompent. Main-d’œuvre de halage ! Progressez, genoux bas, main-d’œuvre de halage. Et n’arrêtez pas les regards. L’audace devient l’unique perfection. Confiance au vent, il n’est pas inepte ; espiègle est le vide, prude n’est pas le sang. (René Char)
Les Haleurs se proposent de placer la littérature, et la poésie en particulier, au cœur du combat écologique que l'espèce humaine doit mener face au dérèglement climatique et, avec la disparition de nombreuses espèces vivantes, animales et végétales, en réaction à ce qu'il convient d'appeler un "géocide" (Michel Deguy) auquel s'ajoute, dans nos sociétés contemporaines, un véritable effondrement de l'expérience de la nature.
Ils s'inscrivent pleinement dans une perspective théorique déjà bien ancrée en littérature : l'écopoétique appliquée à la poésie, autrement dit l'éco-poésie.
Celle-ci relève à la fois de l’expérience existentielle et de sa traduction dans la langue poétique. Il s’agit pour le poète d’expérimenter de nouveaux modes de rencontre avec la nature, en quête d’une juste place, et de rechercher dans les potentialités de la langue la meilleure manière d’en rendre compte. Cette perspective doit pouvoir encourager un renouvellement de notre « sentiment de la nature » (pour reprendre le titre d’un essai de Michel Collot).
Vive donc les Haleurs !
Ce mot désignait ces femmes et ces hommes qui autrefois halaient (tiraient) en groupe un bateau à l’aide d'un câble, pour le faire avancer. Leur effort est, à titre d'image, celui que l'espèce humaine doit mener, collectivement, pour sa survie et celle de son environnement.
Le fondateur des Haleurs, David Dielen
Pour en savoir plus :
- Nos réseaux internet :

- l'entretien accordé à la revue Terre à ciel en décembre 2024 :
- l'entretien accordé à Jean-Marc Ghitti pour l'émission Près des poètes (RCF) en mai 2025 :
Entretien RCF Emission - Près des poètes
