Nous appartenons à ces ruisseaux prodigues qui poussent leurs eaux dans des terres de plus en plus accablées. Elles bouillonnent et rompent. Main-d’œuvre de halage ! Progressez, genoux bas, main-d’œuvre de halage. Et n’arrêtez pas les regards. L’audace devient l’unique perfection. Confiance au vent, il n’est pas inepte ; espiègle est le vide, prude n’est pas le sang.

                                                                                René Char (Extrait de « Les Dépêtrés », « Faire du chemin avec… », Fenêtres dormantes et porte sur le toit, 1979.)


Les Haleurs s'inscrivent pleinement dans une perspective théorique déjà bien ancrée en littérature : l'écopoétique appliquée à la poésie, autrement dit l'éco-poésie.

Celle-ci relève à la fois de l’expérience existentielle et de sa traduction dans la langue poétique. Il s’agit pour le poète d’expérimenter de nouveaux modes de rencontre avec la nature, en quête d’une juste place, et de rechercher dans les potentialités de la langue la meilleure manière d’en rendre compte.

Cette perspective doit pouvoir encourager un renouvellement de notre « sentiment de la nature » (pour reprendre le titre d’un essai de Michel Collot). 

Vive donc les Haleurs !

Ce mot désignait ces femmes et ces hommes qui autrefois halaient (tiraient) en groupe un bateau à l’aide d'un câble, pour le faire avancer. Leur effort est, à titre d'image, celui que l'espèce humaine doit mener, collectivement, pour sa survie et celle de son environnement.


POUR EN SAVOIR PLUS :

- l'entretien accordé à la revue Terre à ciel en décembre 2024 :

ENTRETIEN - Terre à ciel

- l'entretien accordé à Jean-Marc Ghitti pour l'émission Près des poètes (RCF) en mai 2025 :

ENTRETIEN RCF Emission - Près des poètes

- notre conférence "Nature et poésie : un couple à renouveler" à l'invitation d'Ent'revues, à la Maison des Sciences de l'Homme (Paris) en janvier 2026 : 

CONFÉRENCE - Ent'revues